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Philo de trottoir (quand on ne comprend rien à la grande pauvreté)

Trop de croyances nocives nous sont inculquées en ce qui concerne la grande pauvreté.


/!\ des croyances infondées peuvent se tenir dans mes propos, qui ne sont encore qu'une ébauche. Ecrivez nous si vous voulez ajouter quelques chose !


  1. Les gens vivent à la rue, ils me font peur !

La grande pauvreté est cause de nombreuses violences. Mais la culture qui s'y développe est codifiée, de telle sorte qu'il est extrêmement rare de se faire agresser. De nos expériences personelles, la plupart de nos interactions agréables et humaines en ville l'ont été avec des personnes dans ce genre de situation ! Ielles vivent tellement de mépris au quotidien qu'ielles sont encore sensible à la gentillesse et l'attention, ce qui est presque inexistant dans l'espace publique urbain aujourd'hui.


La vie à la rue peut créer de nombreux traumatismes (aggravation des conditions psychiques et physiques, comorbidités d'addictions, isolement..). CE N'EST PAS POUR CA qu'ielles sont particulièrement dangereu.ses. Mais ça peut entrainer des comportements ératiques étonnants assimilables à du danger.


Je ne cherche pas non plus à nier la violence qui peut exister ici, mais elle n'est qu'un miroir sans filtre de celle de notre société. Vous ne risquez à rien à parler à quelqu'un.e qui fait dans la manche dans la rue. C'est violent de devoir le rappeler mais ça me semble nécessaire.


  1. Ces gens là l'ont un peu mérité nan ?

Non. Les causes de la grande pauvreté sont nombreuses et complexes. Déjà, la figure du "SDF", tout comme celle du "migrant.e" (par exemple) est utilisée comme repoussoir, comme figure de déchéance qui nous exhorte à se faire exploiter au travail. BREAKING NEWS : l'immense majorité des gens dans cette situation avait un travail "classique" avant ! Menuisier, aide à domicile, prof... Toi qui me lit, tu peux possiblement te retrouver "à la rue"... moi aussi.

Il suffit de conditions qui s'empirent et empêchent d'accéder au travail et un manque de soutien des proches pour être entrainé dans ce cercle : maladie chronique, population systémiquement défavorisée, particularité psychique (trouble neuro-dévelopemental ; maladies psychiques, traumatismes...)


Se retrouver dans cette situation entraine une chaine de complexification de l'accès aux droits et au travail, et nécessite dans le même temps énormément de débrouillardise et de connaissances parallèles que nous ne soupçonnons même pas. Leur journées et leurs vies sont loins d'être vides et inintéressantes. Ce mépris n'existe que pour ne pas nous demander si les notres le sont.